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Résumé du premier tour des élections Régionales 2021

Mis à jour : juin 28


Ce dimanche 20 juin se déroulait le premier tour des élections régionales et départementales qui ont été repoussées de nombreuses fois à cause du contexte sanitaire lié au Covid-19.



Des citoyens dans l'isoloir sont en train de voter à Amiens (Alexandru Nika/ Shutterstock)


L’abstention record :

Cette élection de dimanche restera dans les tristes records avec une abstention jamais vue dans l’histoire de la 5ème république d’environ 68%. Pour comparer en 2015, l’abstention était de 50%. Tous les candidats et partis politiques ont déploré cette forte abstention qui devient de plus en plus préoccupante. Le premier ministre Jean Castex a fait un appel aux citoyens et citoyennes sur son compte Twitter pour aller voter dimanche prochain pour le second tour des élections.

Jean Castex : « Faire gagner l’abstention, c’est faire perdre la démocratie »

Clementine Autain (LFI) : « Ce soir, c’est un crash démocratique. Ce n’est plus une sonnette d’alarme, c’est un gong aux décibels insoutenables »

Gérard Larcher (Président du Sénat) : « L’abstention très élevée démontre que notre pays est encore en souffrance »


Débâcle pour la majorité présidentielle :

Les résultats de ces élections ont aussi été marqués par les très mauvais résultats de la majorité présidentielle. Dans 3 régions, les listes LREM ne peuvent se maintenir au second tour, c’est le cas en Auvergne Rhône-Alpes où la tête de liste Bruno Bonnell ne récolte que 9,87% des suffrages, ensuite c’est dans les Hauts de France que le « monsieur retraite » du gouvernement récolte 9,87% des suffrages alors que 4 ministres ont été envoyé dans cette région comme par exemple le garde des sceaux Eric Dupont-Moretti qui s’était engagé pour « chasser le front national de ces terres ». Pour finir la troisième région est l’Occitanie où LREM recueille 8,78% des voix.

Dans la plupart des autres régions, les résultats de la majorité présidentielle sont trop bas pour espérer une victoire aux second tour et ils vont donc logiquement se désister dans beaucoup de régions pour « faire barrage à l’extrême droite » ou faire gagner la droite.

Stanislas Guerini ( LREM) : « les résultats constatés hier ne permettent pas de réaffirmer le clivage droite-gauche. Le clivage existe entre les partis déjà implantés, avec des sortants et les partis qui le sont moins, comme c’est le cas pour la majorité présidentielle »

Le RN en baisse dans beaucoup de régions :

Le prédestiné duel Macron-Le pen en 2022 ne s’est absolument pas consolidé pour ces élections, nous pouvons même dire que les deux en ressortent affaiblis de ces résultats.

Le parti de Marine le Pen avec de grandes ambitions peut être extrêmement déçu de ces résultats :

Alors que le Rassemblement National reste qualifié dans la plupart des régions de France, les résultats sont en deçà des sondages et des attentes du parti. En se tournant vers la région PACA, Thierry Mariani la tête de liste RN vire en tête avec 36% des voix face à Renaud Muselier candidat LR et soutenus par la majorité présidentielle qui a recueilli 32 % des voix. L’écart reste assez mince par rapport au sondage qui estimait le candidat RN autour des 41% des voix. Avec ce résultat il restera très compliqué pour le RN de virer en tête dimanche prochain sauf si le candidat de gauche Jean-Laurent Felizia se maintient au second tour contre l’avis de son parti EELV qui le menace d’exclusion du parti. Ce maintient pourrait rendre le match Mariani et Muselier plus serré que ce qu’il devrait être.

Autre fait marquant pour le Rassemblement National c’est dans les Hauts de France où la tête de liste Sébastien Chenu récolte 24% de suffrages alors qu’en 2015 Marion Maréchal avait recueilli 40% des voix. Cette forte baisse a fait le plus grand bonheur de Xavier Bertrand, l'actuel président de la région qui s’est réjouis de son score (41%) et de celui du RN.

« Le FN a reculé parce que nous avons montré que par le travail, l’engagement et la cohérence, la politique n’était pas morte, qu’elle avait du sens : celui de servir pour rendre la vie moins difficile, pour rendre la vie meilleure »

Ce second tour des élections régionales sera scruté pour savoir si dimanche prochain à 20H, le Rassemblement National finira sans aucune victoire dans aucune région ce qui serait un très mauvais signal pour Marine le Pen en vue de 2022.

LR et PS profitent de la prime aux sortants :

Le clivage gauche/droite que beaucoup croyaient mort a finalement de nouveau remonté de sous terre comme lors des élections municipales. Les républicains et le Parti socialiste ont profité de leur ancrage dans les territoires et des présidents de régions actuels pour finir en tête dans beaucoup de régions. L’épidémie de Covid-19 a donc bel et bien renforcé les présidents de région actuel de droite comme de gauche :

Pour la droite, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez et Valerie Pecresse ont le point commun d’être des présidents de région qui ont fini en tête lors de ce premier tour. Ils sont tous des grandes figures de la droite républicaine même si certains ont quitté LR. Ils ont aussi tous une ambition présidentielle sauf Xavier Bertrand qui a déjà annoncé sa candidature pour l’élection présidentielle de 2022.

Pour la gauche, Carole Delga, Alain Rousset, Mari Guite Dufay et d’autres ont finis en tête de cette élection même si par rapport à la droite, aucun candidat n'a une ambition présidentielle car la gauche est déjà représentée par des grandes figures comme Anne Hidalgo ou Jean-Luc Mélenchon.

Gérald Darmanin (ministre de l’intérieur) : « Je constate que tout le monde reste ancré »

Au fil de la semaine, les alliances et les désistements vont se succéder pour que la gauche comme la droite fasse les meilleurs scores mais aussi pour empêcher l’extrême droite de remporter des régions.